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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 22:12

Paul Delort/Le Figaro

Le conseiller politique du candidat UMP promet un gouvernement ouvert "au-delà du centre" dans une interview à paraître mardi dans Le Figaro.

 
LE FIGARO. – Sur quels thèmes souhaitez-vous mener cette campagne du second tour ?
 
François FILLON. –
Nous entendons démontrer aux Français que la rupture est du côté de Nicolas Sarkozy, et pas du tout du côté de Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy veut un président qui protège les Français contre la violence, mais aussi contre les délocalisations. Nous voulons aussi rendre aux Français le goût de l’aventure, de l’action, en leur redonnant foi dans le rêve Français. Si les Français font confiance à Nicolas Sarkozy, nous engagerons très vite les réformes qui créeront un véritable choc de confiance dans le pays.
 

 
François Bayrou n’est-il pas le faiseur de roi de ce second tour ?
 
Nous allons nous adresser aux électeurs de François Bayrou comme aux électeurs de gauche, ou à ceux de Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen. En leur montrant qu’il y a dans notre projet des éléments qui répondent à nombre de leurs attentes. Comme, par exemple, la modernisation de notre démocratie avec le renforcement du rôle de contrôle du Parlement sur les nominations, sur son ordre du jour, sur l’application des lois, sur l’exécution du budget. On découvrira que la simplification du débat du premier tour a occulté des pans entiers du programme de Nicolas Sarkozy qui répondent aux préoccupations des électeurs de l’UDF ou de la gauche.
 

 
Nicolas Sarkozy compte-t-il, s’il est élu, ouvrir son gouvernement à l’UDF ?
 
Ce n’est pas le débat du jour. Nicolas Sarkozy constituera, s’il est élu, un gouvernement très ouvert, y compris au-delà du centre, sur la société civile et sur les minorités visibles. Ce sera une vraie nouveauté dans la vie politique française. Mais cela ne se décide pas avant l’élection présidentielle. Ce serait faire injure à François Bayrou de penser qu’il n’a fait tout ça que pour placer quelques centristes au gouvernement. Il a défendu des convictions, il a remporté un succès incontestable, mais il n’est pas au deuxième tour. Dans la Ve République, il n’y a pas de négociations d’états-majors, il n’y a pas de marchandages. Au premier tour, chacun exprime sa préférence. Au deuxième tour, c’est entre le projet de Nicolas Sarkozy et celui de Ségolène Royal que les électeurs vont être appelés à choisir.
 

 
François Bayrou défend la proportionnelle à l’Assemblée nationale. Est-ce envisageable ?
 
Nous n’y sommes pas favorables. C’est au Sénat que nous voulons organiser la représentation de la diversité politique. Cela nous paraît un bon compromis, qui ne met pas en péril l’existence d’une majorité pour gouverner. La France a plus que jamais besoin de majorités claires.
 

 
Le scrutin d’hier scelle-t-il la « re-bipolarisation » de la vie politique ?
 
Je fais partie de ceux qui souhaitent une bipolarisation forte, pour que l’alternance puisse avoir un sens. Et je pense que l’on y est arrivé, notamment grâce à la constitution de l’UMP. Mais on voit bien que, aux marches de l’UMP et du PS, il y a des courants de pensée qui ne peuvent pas s’immerger complètement dans l’un ou l’autre des grands partis. Nicolas Sarkozy en est d’autant plus conscient qu’il a toujours pensé qu’il n’était pas raisonnable de résumer la totalité de la droite et du centre à un seul grand parti. Nous avons mis sur pied un pôle qui accueille les personnalités venues du centre et un pôle pour accueillir les personnalités venues de gauche. Tous ceux qui le voudront pourront soutenir Nicolas Sarkozy sans renoncer à leurs convictions et en gardant leur pleine liberté.
 

 
Que ferez-vous si François Bayrou décide de ne soutenir personne ?
 
Cela créera un problème aux élections législatives. Nous devrons savoir, à ce moment-là, si l’UDF fait partie de la majorité présidentielle. Si c’est le cas, nous aurons un accord électoral pour les élections. Sinon, l’UMP présentera des candidats dans toutes les circonscriptions.
 

 
La personnalité de Sarkozy est la cible de nombreuses critiques. Que pensez-vous de cette diabolisation ?
 
Le résultat du premier tour devrait faire réfléchir la gauche. Elle a mené une campagne de dénigrement d’une violence inouïe. Et cela a eu pour résultat de placer notre candidat à un niveau jamais vu au premier tour depuis 1974. Les Français ne sont pas dupes. Ils ont tellement souvent entendu la gauche diaboliser le candidat de la droite depuis quarante ans ! Ils ont fini par comprendre que ce n’était qu’une posture. Quand de Gaulle était candidat, la gauche écrivait sur les affiches « le fascisme ne passera pas ». Quand nous émettions quelques réserves à l’égard des démocraties populaires, la gauche criait à l’anticommunisme primaire ! Nicolas Sarkozy n’est pas d’accord avec le projet de la gauche, cela fait-il de lui un « fasciste » ou un dangereux « autocrate » ? Je crois que les amis de Ségolène Royal sont en train de payer ce sectarisme.

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Published by Christian BOIS - dans Actualité politique
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