Le ministre de l’Environnement
P. Parrot/Abacapress.com
Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet préparent le transfert des compétences de gestion du parc à un syndicat mixte qui accueillera les grands
propriétaires terriens.
ent et son secrétaire d’État présenteront en octobre un projet de loi pour sortir la région de la crise.
De notre envoyé spécial en Camargue
THIBAUT DANANCHER
ENVIRONNEMENT ÉTEINDRE l’incendie. Éviter à tout prix la catastrophe. Deux leitmotivs du déplacement hier dans les Bouches- du- Rhône de Jean- Louis Borloo. « En
visite commandée » , le ministre d’État à l’Écologie, au Développement et à l’Aménagement durables était « plus que jamais » résolu à sauver le parc régional de Camargue du marécage dans lequel
il s’était enlisé. En effet, à la suite d’une plainte déposée par l’un des grands propriétaires terriens qui possèdent plus des deux tiers des terrains, cette zone humide de 100 000 hectares (70
000 hectares de terre et 30 000 en plan d’eau) située entre les deux bras du Rhône et la Méditerranée où nichent quelque 370 espèces d’oiseaux, dont des flamants roses, se retrouvait sans
structure de gestion depuis le 19 février dernier avec une décision du conseil d’État. « Je ne repartirai pas tant que le problème ne sera pas réglé. De toute façon, il n’y a pas d’autre issue
possible » , avait lâché le ministre d’État à son arrivée.
« Noyer le serpent de mer »
Lors d’une journée marathon, Jean- Louis Borloo, accompagné dans son périple par le secrétaire d’État à l’Écologie, Nathalie Kosciusko- Morizet, a tapé du poing. Il
a fait asseoir à la même table les élus locaux et les grands propriétaires terriens pour, selon ses propos, « noyer le serpent de mer » . Et prolonger la survie du paradis sauvage implanté sur
les communes d’Arles et des Saintes- Maries- de- la- Mer qui était menacé en raison d’un véritable chaos juridique. Un drame pour le tourisme, pour l’économie avec les 30 millions d’euros de
perte en cas de fermeture et surtout pour les 37 salariés du parc régional créé en 1970 qui étaient dans une situation des plus précaires et risquaient de perdre leur travail.
La gravité et l’urgence de la situation, dans une région extrêmement fragile ( lire ci- dessous), expliquent le voyage ministériel. Au bout d’une heure « d’une
réunion intense » , Jean-Louis Borloo et toutes les parties prenantes au dossier ont affirmé avoir trouvé un accord. « Après quelques périodes d’instabilité et de conflits, nous avons décidé à
l’unanimité de sauver l’un des fleurons de notre pays » , a annoncé JeanLouis Borloo aux côtés de Michel Vauzelle, le président socialiste de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Dès la première semaine du mois d’octobre, un projet de loi sera présenté au Parlement pour transférer les compétences de gestion du parc à un syndicat mixte qui
accueillera désormais les grands propriétaires terriens. La situation est rentrée dans l’ordre après des affrontements à répétition. « Tout le monde sera associé dans la même structure » , a
précisé le ministre. Le pire est donc a priori écarté. À l’annonce de la nouvelle, une des représentantes du personnel du parc naturel a fondu en larmes. « Nous avons vécu des mois très
difficiles, nous allons pouvoir retrouver la tranquillité » , a-t-elle lâché d’une voix étranglée.
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