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Constructions en bois : l'état du secteur et ses perspectives

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Tendances du marché et prévisions pour les maisons en bois

Le marché de la maison en bois tient mieux que le reste de la construction neuve en France : la RE2020 favorise les matériaux biosourcés au moment où les mises en chantier de logements reculent, et le prix des résineux repart à la hausse depuis 2025.

Trois forces qui tirent le secteur

  • Réglementation : depuis 2022, la RE2020 plafonne le carbone émis pour créer un logement neuf, ce qui avantage l'ossature et les panneaux massifs.
  • Conjoncture : la hausse des taux a fait chuter la demande de pavillons, et la publicité des constructeurs mise désormais sur le bas carbone plus que sur le prix.
  • Matière : après la flambée de 2021-2022, le bois d'œuvre résineux renchérit de nouveau en 2026.

Comment se porte le marché de la maison en bois ?

Le marché de la maison en bois évolue à contre-courant d'un secteur de la construction en repli. Les statistiques Sitadel du service statistique du ministère de la Transition écologique (SDES) montrent une baisse marquée des mises en chantier de logements depuis 2022, liée à la remontée des taux d'intérêt et au coût du foncier. Les entreprises spécialisées subissent la même chute des commandes de pavillons que les maçons, mais la part relative des solutions en ossature progresse dans les appels d'offres publics et les logements collectifs.

L'enquête nationale de la construction bois, conduite tous les deux ans par l'Observatoire économique de France Bois Forêt et le CODIFAB, reste la référence pour suivre la part de marché par type de logement et par solution constructive. Elle distingue la maison individuelle, le logement collectif, les extensions et surélévations, et classe l'activité par secteur client : particuliers, promoteurs, bailleurs sociaux. Le cabinet Xerfi décrit de son côté des spécialistes en quête de diversification vers la rénovation et le tertiaire, pour compenser le recul du neuf.

Ces mouvements pèsent aussi sur la valeur des biens existants : coût de reconstruction, état de l'ossature et performance thermique entrent dans l'estimation d’une maison en bois. Le Centre National de l'Expertise est un cabinet d'expertise immobilière installé à Paris.

Ce que la RE2020 change pour les constructeurs

La réglementation environnementale RE2020 s'applique aux maisons individuelles et aux logements collectifs dont le permis de construire est déposé à partir du 1er janvier 2022. Elle mesure l'empreinte carbone du bâtiment sur tout son cycle de vie et fixe un seuil d'émissions, l'indicateur Ic construction, qui se resserre par paliers en 2025, 2028 et 2031.

Un matériau biosourcé stocke du carbone pendant toute la durée de vie de l'ouvrage, ce que la méthode d'analyse dynamique de la RE2020 valorise. Chaque palier rend le béton classique plus difficile à justifier et pousse les entreprises vers l'ossature, les isolants en fibres végétales ou les solutions mixtes. Les chantiers publics suivent cette logique : sur le village des athlètes de Paris 2024, la Solideo a exigé une structure bois pour les bâtiments de moins de 28 mètres. Plusieurs métropoles misent aussi sur des programmes bas carbone, comme le montre l'éco-habitat dans l'immobilier neuf strasbourgeois.

Quelles techniques de construction en bois existent ?

Cinq grandes techniques de construction se partagent les chantiers français ; elles diffèrent par la durée du montage, l'isolation et l'aspect final.

TechniquePrincipeUsage actuel
Ossature boisMontants et lisses rapprochés, contreventés par des panneaux, isolant logé entre les montantsTechnique dominante en habitat individuel
Poteau-poutreStructure porteuse de grosses sections espacées, murs non porteursGrandes baies vitrées, architecture contemporaine
Construction par empilageMadriers ou rondins posés horizontalement les uns sur les autresChalets, zones de montagne ; tassement des murs à prévoir
Panneaux massifs contrecollés (CLT)Lames croisées collées en panneaux, découpés en usineLogements collectifs, surélévations
Pans de boisColombages remplis de torchis ou de briques, hérités du Moyen ÂgeRestauration du patrimoine, réinterprétations contemporaines

L'ossature en bois domine parce qu'elle se préfabrique en atelier : murs, planchers et parfois menuiseries arrivent montés, ce qui raccourcit le chantier et limite les aléas météo. La maison modulaire pousse ce principe plus loin, avec des volumes entiers livrés par camion et assemblés en quelques jours.

Quels types de logement profitent de l'ossature ?

L'habitat individuel reste le premier débouché historique de la filière, mais le logement collectif gagne du terrain : bailleurs sociaux et promoteurs lancent des immeubles en structure mixte, avec noyaux en béton et planchers ou façades en ossature. Les extensions et surélévations forment l'autre relais de croissance. La légèreté de la structure permet d'ajouter un niveau sur un immeuble sans renforcer lourdement les fondations, un argument décisif en ville où le foncier manque.

Le parc de logements existant ouvre enfin un débouché de rénovation : isolation par l'extérieur, bardage, remplacement des menuiseries. Ces travaux d'amélioration et d'entretien soutiennent l'activité des professionnels alors que la construction neuve recule.

Prix de la matière : de la pénurie de 2021 aux résineux de 2026

La flambée des prix du bois d'œuvre trouve son origine dans la crise sanitaire : les scieries ont réduit leur activité pendant les confinements, les chantiers ont pris du retard et la demande cumulée a dépassé l'offre en 2021. La reprise du bâtiment aux États-Unis et en Chine, gros importateurs de grumes européennes, puis l'envolée de l'énergie après l'invasion de l'Ukraine ont renchéri le transport et la transformation. Les causes de la pénurie de bois et de la hausse des prix se lisent encore dans les devis.

Après 2022, les cours se sont stabilisés, mais les résineux, très utilisés en charpente et en ossature, repartent à la hausse : selon l'observatoire économique de France Bois Forêt, le prix du bois façonné vendu par l'ONF a progressé de 8 à 13 % sur un an pour les résineux à fin mars 2026, alors que l'indice du prix des bois sur pied en forêt privée a reculé de 4 % en 2025. Les fournisseurs répercutent ces hausses sur les entreprises du BTP, qui les intègrent à leurs devis : les clients mettent plus de temps à signer, et la trésorerie des petites entreprises du bâtiment se tend.

Quels sont les défis du marché pour les années à venir ?

Le premier défi tient à la demande. Tant que le crédit immobilier reste cher, les primo-accédants repoussent leur projet de construction d'une maison, quelle que soit la technique, et le chiffre d'affaires des entreprises de la filière dépend de leur capacité à capter les chantiers collectifs et la rénovation.

Le second concerne l'approvisionnement. La forêt française fournit surtout des feuillus, alors que la construction consomme surtout des résineux, dont une part est importée. La filière cherche à valoriser davantage le hêtre et le chêne en éléments de structure, et l'ONF suit les dépérissements liés aux sécheresses et aux scolytes. Les feux de forêt rappellent aussi que la ressource reste exposée : les conséquences des incendies pour la filière se mesurent sur plusieurs années.

Le troisième touche aux compétences : les entreprises peinent à recruter des charpentiers et des monteurs formés à la préfabrication, un frein direct à la hausse des cadences.

Quelles prévisions pour le résidentiel en bois ?

Les prévisions pour le résidentiel en bois restent prudentes, et aucune source publique ne chiffre une prévision de ventes propre à l'habitat individuel en ossature : les études sectorielles raisonnent par scénarios. La reprise dépend d'abord des conditions de crédit offertes aux ménages et de leur situation financière, puis du nombre de permis délivrés dans chaque région. Les données de la dernière enquête nationale servent de point de départ à ces travaux de recherche.

Les collectivités et les groupes industriels pèsent aussi. Une commande publique en structure bois sécurise des contrats sur plusieurs années, et les grands groupes du BTP créent ou rachètent des filiales spécialisées pour ne pas laisser ce segment aux seuls charpentiers traditionnels. L'habitat de loisir (chalets, hébergements touristiques) et les maisons construites en kit gardent leur propre clientèle. Côté emploi, la filière forêt-bois reste un grand employeur rural, et chaque aide publique à la rénovation énergétique se répercute sur l'activité des menuisiers et des poseurs de bardage.

Un choix durable : empreinte carbone et points de vigilance

Pour un particulier, l'intérêt d'une ossature dépasse la conjoncture : faible empreinte carbone, chantier sec et rapide, bonne isolation thermique à épaisseur de mur égale. Les points de vigilance existent aussi : protection contre l'humidité, traitement des pieds de mur, assurance décennale du constructeur à vérifier avant de signer. Les raisons de construire une maison en bois tiennent autant au confort qu'au bilan environnemental.

Côté publicité, les professionnels mettent en avant la RE2020 et le bas carbone. Le cahier des charges, la provenance de la matière (certification PEFC ou FSC) et les références de chantiers comparables comptent davantage que le slogan pour juger une offre.

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